En attente de greffe et un plan passé sous silence

14 000 personnes en attente de greffe et un plan passé sous silence, article d’Eric Favereau dans Libération de lundi dernier

 Roselyne Bachelot, l’ancienne ministre de la Santé, l’a souvent raconté : en novembre 2010, lors de sa passation de pouvoir avec Xavier Bertrand, elle lui avait demandé pourquoi il avait imposé à ses côtés Nora Berra comme secrétaire d’Etat à la Santé. Il lui avait répondu : «Au moins avec elle, je n’aurai aucun problème.» Ça, c’est sûr. Ni problème, ni souci, ni rien du tout. Depuis novembre 2010, il n’y a plus de locataire avenue de Ségur.

 Entre une compétence limitée de l’élue lyonnaise et la vigilance exacerbée que lui porte son ministre de tutelle, c’est silence radio. Au point que lorsque cette dernière présente un nouveau «plan greffe» – ce qui est loin d’être anodin -, il n’y a même pas d’annonce ni de conférence de presse.

 Et pourtant… Ils sont près de 14 000 en attente de greffes d’organes. Et seulement un peu plus d’un tiers pourra en bénéficier.

 Quelques chiffres que vient de rendre publics l’Agence de la biomédecine : la tendance à la hausse de 2010 semble se confirmer avec une petite progression de l’activité de greffe : une augmentation de 5 % en 2011 avec 4 945 greffes contre 4 708 en 2010.

 L’âge des donneurs est passé de 52,9 ans en 2010 à 53,6 en 2011. A l’exception des greffes cardio-pulmonaires et pancréatiques qui restent en baisse, les autres catégories de greffes sont sur une courbe légèrement ascendante : en 2011, 398 greffes cardiaques contre 356 en 2010, 1 164 greffes hépatiques contre 1 092 en 2010 et 2 976 greffes rénales contre 2 892 en 2010.  Mais cela ne suffit pas : des patients meurent en liste d’attente. «Il y a nécessité à augmenter le nombre de greffons disponibles face à une hausse des maladies chroniques qui peuvent se soigner désormais par des greffes, comme l’insuffisance rénale», explique ainsi Emmanuelle Prada-Bordenave, directrice de cette agence publique.

 D’où cet objectif simple : augmenter les greffes. Mais comment ?

 

 Plusieurs pistes, assez classiques : d’abord, bien sûr, faciliter les prélèvements d’organes. Or depuis dix ans cela bloque : près d’une famille sur trois, lorsque la situation se présente, refuse le prélèvement. «Il nous faut réduire le taux d’opposition par une meilleure information aux familles et une meilleure formation dans les services d’urgence et de réanimation», insiste l’agence.

 

 Autre axe : favoriser les prélèvements sur les personnes vivantes, pour le foie et le rein. D’autant que la législation s’est détendue sur cette question en rendant possible les dons de rein ou de foie par des amis ou proches.

 

 Alors que la démarche était réservée jusqu’à présent à la famille au sens strict. Mais cela bouge peu. Seuls deux dons de reins «d’amis» ont été recensés en 2011, soit moins de 1 % des cas. A l’évidence, il y a de la marge.  (source renaloo:insuffisance rhénale, dialyse , greffe de reins)

 

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