La découverte de l’insuline (6 et fin)

Aussi , en janvier1922 , fit-on la première piqûre dans le petit bras décharné de l’enfant qui se mourait. Les analyses furent reprises , et ce fut de nouveau la même histoire qu’avec nos chiens .

On assista à une chute spectaculaire du sucre sanguin , tandis que Léonard se mettait à manger normalement . Ses joues amaigries se remplissaient , une nouvelle vie courrait dans ses muscles épuisés .

Léonard était sauvé ! (il devait vivre encore treize ans , pour mourrir en 1935 d’une pneumonie consécutive à un accident de mobylette ) Il était le premier des dizaines, puis des centaines , des milliers , des millions de diabétiques qui devaient recevoir de l’insuline.

Les honneurs commencèrent à pleuvoir sur nous. Pour le meilleur travail de recherche effectué à l’université cette année-là , on nous décerna le prix Reeve , 50 dollars , qui étaient les bienvenus .

La reconnaissance du parlement valut à Banting une pension annuelle de 7500 dollars . Puis on fonda un grand institut de recherches portant son nom et , plus tard , un autre portant le mien.

Lorsque Banting reçut le prix Nobel , en 1923 , il en partagea le montant avec moi . Nous restâmes tous les deux à l’université , et , les années suivantes , nous nous occupâmes chacun de notre côté de nos recherches personnelles .

Mais l’enthousiasme des premiers temps avait disparu. Puis un jour d’hiver de février 1941 , alors que nous nous promenions dans la cour de l’université , Banting me dit :

 -Charley , si nous recommencions à travailler ensemble ? Tu t’occuperais de la chimie , et moi … Hélas ! trois jours plus tard , Banting , devenu le major sir Frederick Banting , et qui se livrait à des travaux de médecine aéronautique , se trouvait à bord d’un bombardier bimoteur se dirigeant vers l’Angleterre . L’avion s’écrasa au cours d’une tempête de neige dans une fôret , près de Muscrave Harbor, à Terre-Neuve .

Banting , un poumon perforé par ses côtes cassées consacra ses dernières forces à penser les blessures du pilote , seul survivant . Puis il s’allongea sur des branchages de sapin , dans la neige, et s’endormit de son dernier sommeil.

De toutes les oraisons funèbres , la plus émouvante peut-être fut celle prononcée cinq ans plus tard , à Londres , lors d’une assemblée de l’association de diabétiques :

<<Sans Banting , il n’y aurait ici que des fantômes pleurant leur triste destin . >>

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