La découverte de l’insuline (4)

 Le Pr John Macleod, chef du service de physiologie , à qui nous devions d’avoir pu entreprendre nos travaux dans ces conditions , était en vacances en Europe . Nous décidâmes qu’il ne s’ apercevrait de rien si nous continuions .

Nous reprîmes nos opérations sur les chiens et effectuâmes correctement , cette fois nos ligatures des canaux .Le 27 juillet , nous obtînmes le pancréas ratatiné et dégénéré que nous désirions . Si la substance X existait , ce pancréas devait le contenir.

Nous coupâmes ce pancréas en tranches dans un mortier réfrigéré contenant la solution de Ringer , et nous fîmes congeler le tout . Puis nous laissâmes le mélange dégeler doucement et , après l’avoir broyé , nous le filtrâmes à travers un buvard .Un chien diabétique moribond nous attendait , trop faible pour soulever la tête , Fred lui injecta dans une veine 5 centimètres cubes de filtrat . Le chien eut l’air d’aller un peu mieux, mais il est facile de s’illusionner en pareils moments. Des analyses de sang étaient indispensable.

 Je tirai quelques gouttes de sang de la patte de la bête et commençai mon dosage de sucre sanguin . Basting restait penché par-dessus mon épaule . S’il y avait beaucoup dee sucre , le réactif du tube à essais devait devenir rouge foncé; s’il y en avait peu , il devait être rose pâle. Je faisais une analyse toutes les heures , et le réactif devenait de plus en plus pâle .Le taux du sucre sanguin s’abaissait , passant de 2 grammes par litre à 1,20 gramme et parvenait à la normale , 0,90 grammes ! Ce moment-là demeure le plus inoubliable de mon existence.

Dès lors , nous fûmes débordés de travail et notre vie devint un cauchemar. il fallait faire des picures aux chiens, leur prélever du sang pour les analyses , recueillir leurs urines. Cela nous occupait vingt-quatre heures sur vingt-quatre .Nous dormions quand nous avions un moment , allongés sur les bancs du laboratoire .

Mais nous avions sous les yeux un miracle constamment renouvelé: Les chiens à l’agonie , l’oeil vitreux , se transformaient , quelques heures plus tard , en bêtes solides qui remuaient la queue en mangeant une pâtée .Ainsi ranimé, l’un de nos chiens survécut douze jours, un autre vingt-deux jours .

Notre favorite , c’était Marjorie , la chienne n°33 , noir et blanc , ressemblant à un colley , elle avait appris à sauter sur un banc , à tendre la patte pour nous laisser prendre du sang et à rester tranquille pendant qu’on lui faisait l’injection dont sa vie dépendait . Elle vécut soixante-dix jours en bonne santé , tant que notre provision d’isletine ne fut pas épuisée . (par la suite Macleod nous conseilla de changer le nom en celui d’insuline) .

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